Rhizomes Zostères Arc

État des lieux

Description de l'écosystème sur la base des données de l'Observatoire du GIPREB

Le dernier rapport de l'Observatoire du milieu porte sur l'année 2017. Il apporte une vision globale de l'état actuel et apporte des conclusions sur l'évolution observée ces dernières années.

Grave crise anoxique durant l'été 2018

L’année 2018 a été marquée par un printemps très pluvieux et des apports d’eaux très importants par EDF. Le bloom phytoplanctonique qui en a résulté, associé à de très fortes chaleurs et une absence de mistral pendant l’été, a ainsi entraîné une des plus graves crises anoxiques dans l’étang. Des anoxies sévères et longues ont ainsi été mesurées, jusqu’à des profondeurs de 2-3 mètres.

Les conséquences sur l’écosystème sont très importantes : fortes mortalités de poissons, de la macrofaune benthique (dont les palourdes) et des herbiers de zostères très dégradés.

Le prochain rapport de l’Observatoire du GIPREB sur l’année 2018 traitera bien sur ces évènements en détail. Parution prévue début 2019 !

Palourdes Mortes

Dernier rapport de l'Observatoire en 2017

Le dernier rapport de l’Observatoire du milieu du GIPREB – Bilan 2017 est téléchargeable !

Il décrit en détail l’Observatoire, les résultats obtenus en 2017, et les différentes études en cours ou à venir.

Page Garde Observatoire

État des lieux en 2017

(télécharger le rapport)

L’année 2017 se caractérise par des conditions météorologiques marquées par une faible pluviométrie, dont la première conséquence est que les apports des tributaires naturels de l’étang (Arc, Touloubre et Cadière) sont les plus faibles depuis 2007 (119 millions de m3 d’eau). Cette faible pluviométrie a contribué aux bons résultats de la qualité sanitaire des eaux de l’étang.

Le cumul des apports par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas s’élève, en revanche, à 1 159 millions de m3 d’eau, respectant le quota de 1,2 milliards de m3. Ces apports d’eau sont les plus importants depuis 2013 et supérieurs à la moyenne établie depuis 2005 (912 millions de m3). Les apports de limons sont particulièrement faibles : 23 740 tonnes pour la centrale EDF et 4 187 tonnes pour les rivières, ce qui a contribué à une meilleure transparence de l’eau (3,6 m en moyenne sur le disque de Secchi).

Le saviez-vous ?

En 2017, l’eutrophisation est la plus faible jamais observée depuis 2000 et la transparence de l’eau présente les valeurs les plus élevées depuis le début du suivi.

En 2017, l’eutrophisation est la plus faible jamais observée depuis 2000. Les concentrations en chlorophylle a sont ainsi les plus faibles depuis la mise en œuvre des nouvelles modalités de rejets d’eau douce par EDF. Selon les seuils de la DCE, le classement indiquerait des valeurs bonnes en général. Ces faibles concentrations ont participé également à la meilleure transparence de l’eau.

L’indice d’abondance moyenne des zostères calculé en 2017 est le plus important depuis 1994. Une cartographie à l’échelle de l’étang de Berre, réalisée en 2017, montre une progression des herbiers passant de 4,4 hectares en 2014 à 17,9 hectares en 2017 (plus de détail sur la page dédiée aux zostères). Cette dynamique peut s’expliquer entre autre par la meilleure transparence de l’eau et la tendance à de meilleures conditions environnementales depuis quelques années. Cependant, si cette progression est extrêmement positive, l’écart entre la surface actuelle et celle prévue par la DCE (estimée à 1 500 hectares) reste considérable. De plus, la toujours forte présence des algues opportunistes nitrophiles, telles que les ulves, les cladophores ou les entéromorphes témoignent d’un écosystème toujours eutrophisé.

Si dans le cadre du suivi mensuel du GIPREB, il n’a pas été observé d’épisodes d’anoxies mais seulement quelques épisodes d’hypoxie, les mesures en continu réalisées dans le cadre du projet de recherche PREDHYPO, ont montré quant à elles la présence régulière d’épisodes d’anoxie en particulier au centre de l’étang. Cela participe à la faiblesse de la richesse spécifique de la macrofaune benthique (27 espèces dans l’ensemble des stations). Seule la bordure côtière voit se développer des espèces introduites comme les moules asiatiques et les palourdes japonaises.

Sur une trajectoire historique (voir figure ci-dessous), la situation de l’étang en 2017 est caractérisée par :

  • une diminution de la concentration en nutriments et en phytoplancton,

  • le démarrage du développement des herbiers de zostères sur la bordure côtière,

  • une augmentation de la clarté de l’eau,

  • la présence régulière d’épisodes d’anoxie en particulier au centre de l’étang, et une richesse spécifique faible de la macrofaune benthique,

  • la présence persistante des algues opportunistes nitrophiles telles que les ulves, les cladophores ou les entéromorphes,

  • Des variations interannuelles de l’écosystème qui sont à présent modulées par les variations climatiques.

L’état 2017 de l’écosystème de l’étang de Berre suggère une tendance à l’amélioration, mais l’étang reste encore dans un état eutrophe et instable : dans quelle direction l’écosystème évoluera-t-il au vu des apports actuels ? N’hésitez pas à vous abonner à notre newsletter pour rester informés !

Trajectoire écologique

La figure ci-contre présente le diagramme de Schramm (1999) modifié par T.Laugier et V.Faure, avec une proposition pour  les états écologiques de l’étang de Berre avant 2000, avant 2005, et en 2017 (« Espèces climax » correspondent à des espèces de référence comme les zostères, et « macroalgues opportunistes » correspondent à des algues du type ulves).

Ce diagramme est une représentation schématique des changements relatifs des producteurs primaires (phytoplancton, macrophytes) et des paramètres physico-chimiques dans un gradient d’eutrophisation.

Shramm Laugier Faure Annot
Moyenne glissante (7 mois) de la concentration en MES (mg/l) total en surface et au fond dans l'étang de Berre entre 2004 et 2017. Les écarts type sont indiqués en pointillés. Les histogrammes bleus représentent les apports mensuels par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas (hm3).
Moyenne glissante (7 mois) de la concentration en Chlorophylle a (µg/l) total en surface et au fond dans l'étang de Berre entre 2004 et 2017. Les écarts type sont indiqués en pointillés. Les histogrammes bleus représentent les apports mensuels par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas (hm3).
Moyenne glissante (sur 7 mois) de la concentration en nitrates (NO3) dans l'étang de Berre en surface et au fond. Les écart-types sont présentés en pointillés. Les apports par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas sont présentés sous forme d’histogramme.
Moyenne glissante (7 mois) de la concentration en MES (mg/l) total en surface et au fond dans l'étang de Berre entre 2004 et 2017. Les écarts type sont indiqués en pointillés. Les histogrammes bleus représentent les apports mensuels par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas (hm3).
Moyenne glissante (7 mois) de la concentration en MES (mg/l) total en surface et au fond dans l'étang de Berre entre 2004 et 2017. Les écarts type sont indiqués en pointillés. Les histogrammes bleus représentent les apports mensuels par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas (hm3).
Moyenne glissante (7 mois) de la concentration en Chlorophylle a (µg/l) total en surface et au fond dans l'étang de Berre entre 2004 et 2017. Les écarts type sont indiqués en pointillés. Les histogrammes bleus représentent les apports mensuels par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas (hm3).
Moyenne glissante (7 mois) de la concentration en Chlorophylle a (µg/l) total en surface et au fond dans l'étang de Berre entre 2004 et 2017. Les écarts type sont indiqués en pointillés. Les histogrammes bleus représentent les apports mensuels par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas (hm3).
Moyenne glissante (sur 7 mois) de la concentration en nitrates (NO3) dans l'étang de Berre en surface et au fond. Les écart-types sont présentés en pointillés. Les apports par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas sont présentés sous forme d’histogramme.
Moyenne glissante (sur 7 mois) de la concentration en nitrates (NO3) dans l'étang de Berre en surface et au fond. Les écart-types sont présentés en pointillés. Les apports par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas sont présentés sous forme d’histogramme.
Article modifié le 05/10/2018