Etude sur les pêcheries

L'étude des pêcheries de l'étang de Berre vise à mettre à jour les connaissances sur la pêche dans l'étang de Berre depuis les précédentes études réalisées en 2010. Financée par le GIPREB, cette mise à jour permettra également d'ouvrir l'étude à la pêche de loisir.

Le saviez-vous ?

La pêche artisanale pratiquée sur le territoire de l’étang de Berre est appelée pêche aux petits métiers.

C’est une pêche traditionnelle et sélective : chaque espèce de poisson est pêchée avec un type de filet spécifique. C’est la pêche d’un type de poisson qui est appelée un métier. Ainsi, chaque pêcheur pratiquera différents métiers en fonction de sa zone de pêche et de la saison : les métiers de l’anguille, de la sole, de la daurade, du loup, etc.

Contexte

Au début des années 1900, l’étang de Berre était considéré comme une mer intérieure très riche, notamment en poisson. L’importance économique de la pêche était considérable et près de 300 pêcheurs vivaient de la pêche de la muge, de l’anguille et du loup.

Après de nombreuses années de pollution due aux rejets des raffineries, la pêche a été interdite en 1957 jusqu’en 1994. Plusieurs études (Le Corre et Garcia en 1988 ; Bonhomme et Ruchon en 2011) sur la pêche professionnelle ont montré une diminution du nombre de pêcheurs professionnels. L’étude de 2011 avait montré que la pêche de l’étang de Berre se caractérisait par un nombre limité de métiers de pêche, principalement représenté par la capéchade à anguille. Elle se distingue des autres pêcheries lagunaires de Méditerranée française par l’utilisation des filets calés et encerclant. En 2008 et 2009, 35 pêcheurs professionnels étaient alors en activité sur l’étang de Berre.

Entre 2017 et 2018, une étude de 18 mois a été mise en oeuvre pour mettre à jour les connaissances sur la pêche professionnelle de l’étang et ouvrir également l’étude à la pêche de loisir, qui, dans certaines régions, est loin d’être négligeable (étude du Parc Marin de la Côte Bleue).

Généralité

La pêche dans l’étang de Berre est essentiellement représentée par trois métiers :

  • La pêche à l’anguille avec les capéchades ;
  • La pêche à la daurade et soles avec les filets calés ;
  • La pêche à la daurade et aux muges avec les filets encerclants ;

D’autres métiers, plus accessoires, sont également présents. Une diversification des métiers de pêche permet alors, en cas d’absence d’espèces cibles, de se replier vers d’autres espèces. Ainsi, la pêche aux cabassons (Atherina boyeri) à la senne de plage ou encore la pêche au loup (Dicentrarchus labrax) aux hameçons peuvent, à certaines saisons, pallier la diminution des anguilles ou daurades.

Les navires de pêche dans l’étang de Berre sont spécifiques à la pêche dans les étangs : de taille réduite (6.2 m en moyenne), de puissance moyenne (123 CV en moyenne) et équipé de roues hydraulique (70 % des navires) pour aider à la remontée des filets. Ces navires permettent de naviguer dans de faibles profondeurs en embarquant de lourds filets et lests. En 2018, 65 bateaux de pêche professionnels sont présents dans les 7 ports, et 2 autres viennent de ports extérieurs à l’étang (Port-de-Bouc). L’ensemble des navires montrent une activité au moins saisonnière dans l’étang, et la plupart des navires pêchent majoritairement dans l’étang de Berre.

A cela se rajoute la pêche aux coquillages : naissains de moules et palourdes, mais ne fait pas l’objet de l’étude.

Un pêcheur devant Martigues

Les captures

En partenariat avec le SIH et lors d’échantillonnages sur les ports de pêche lors des débarquements, une estimation des captures a pu être effectuée. Entre 2008 et 2015, un total de 1 877 débarquements ont été observés par des observateurs halieutiques. Sur cette période de 8 ans, les captures moyennes (estimées à partir des observations et des déclarations d’activités) sont de 138.6 tonnes d’anguilles, 117 tonnes de muges (toutes espèces), 36.5 tonnes de dorades et 19.5 tonnes de loups. Les autres espèces représentent moins de 4 tonnes.

L’essentiel des captures est vendu chez les mareyeurs (grossistes), mais la vente directe est tout de même présente dans certains ports.

Vente de poissons au port

 

Article modifié le 05/10/2018