Les perspectives de restauration des trois écosystèmes : Rove, Bolmon, Berre

Aujourd'hui l'état écologique du canal, de l'étang de Bolmon et de l'étang de Berre est loin de l'objectif du « bon état » fixé par la DCE. La réduction de la charge trophique est la voie à suivre pour restaurer le fonctionnement de ces écosystèmes. Pour cela, il ne faut pas baisser les bras sur la maîtrise et la réduction des apports du bassin versant mais il faut surtout assurer un renouvellement de l'eau permettant d'enclencher une dynamique de restauration. Le renouvellement de l'eau des lagunes par de l'eau de mer est la voie privilégiée de réduction de la charge trophique, d'apport d'oxygène et de climatisation de l'eau par des eaux plus fraiches.

Quels objectifs écologiques ?

L’amélioration de l’état écologique du complexe lagunaire : les masses d’eau du canal du Rove, de l’étang de Bolmon et de l’étang de Berre. Cette étape participera à l’atteinte du Bon état écologique fixé par la DCE, pour lequel la France s’est engagée.

Le Canal de navigation de Marseille au Rhône

Administrativement, le canal n’est pas une masse d’eau au titre de la DCE, néanmoins c’est un écosystème aquatique qui peut jouer un rôle important dans le complexe lagunaire de l’étang. La présence de milieux interconnectés, aux caractéristiques et aux fonctionnements différents, est un atout pour la diversité globale et la résilience des écosystèmes. Les objectifs ne sont donc pas réglementaires mais il s’agit de retrouver une qualité d’eau proche de celle de la mer, avec une faible stratification haline et une bonne oxygénation. Cette qualité d’eau permettra le développement de peuplements aquatiques à affinité marine, moules, nacres, oursins, zostères marines, hippocampes profitant de la diversité des substrats offerts par le canal, substrats durs, substrats meubles… Ces peuplements constitueront un réservoir de biodiversité pour la colonisation des secteurs les plus salés de l’étang de Berre et de l’étang de Bolmon, et une zone refuge pour les espèces en cas de crise écologique sur l’un des milieux à proximité.

Une étude récente pilotée par la Région, en partenariat avec le Gipreb, montre un important gain de biodiversité directement lié à une remise en circulation de l’eau de mer dans le canal.

LE TUNNEL DU ROVE

L’étang de Bolmon

Il revêt un intérêt écologique majeur du fait de son statut de zone de nature, propriété du Conservatoire du littoral. Aujourd’hui peuplé par de rares espèces très polluo-résistantes, il s’agira d’obtenir via un gradient de salinité, l’installation d’écosystèmes riches et variés sur la base d’herbiers de ruppies, de zostères et de potamots. L’installation pérenne de peuplements lagunaires variés renforcera la capacité de recolonisation de l’étang de Berre. Du point de vue des écosystèmes terrestres, les habitats actuels de lagunes côtières sont inféodés à la présence de sel, et les habitats de ripisylves et de marais situés en rive sud du canal, sont peu contraints par la qualité de l’eau du canal, ils ne devraient donc pas connaître de grandes modifications.

Une étude récente pilotée par la Région, en partenariat avec le Gipreb, montre un important gain de biodiversité pour l’étang de Bolmon directement lié à une remise en circulation de l’eau de mer dans le canal. Ce gain prend la forme d’une amélioration de la transparence de l’eau par la baisse des concentrations en phytoplancton, l’apparition de macrophytes et à terme, de plantes marines et une diversification des peuplements aquatiques en lien avec la stabilisation de l’écosystème.

Etang De Bolmon – Mai 2008

L’étang de Berre

Pour lui, la capacité de dilution sera proportionnellement plus faible que pour le canal du Rove et l’étang de Bolmon. Il bénéficiera toutefois de l’inversion de tendance sur ces deux milieux et d’un potentiel de renouvellement de l’eau équivalent au quart des apports annuels d’eau douce par la centrale hydro-électrique, environ 300 millions de mètres cubes. Cet apport semble être en mesure de produire une augmentation globale de la salinité de l’étang de Berre. Toutefois plus marquée dans la partie sud de l’étang, l’influence des apports d’eau marine pourra participer à une extension de la zone d’influence marine liée au canal de Caronte et de sa riche biodiversité, et constituer un apport d’eau continue, riche en oxygène et tempérée dans les zones les plus profondes régulièrement soumises à l’anoxie.

Une étude récente pilotée par la Région, en partenariat avec le Gipreb, montre un important gain de biodiversité pour l’étang de Berre directement lié à une remise en circulation de l’eau de mer dans le canal. Ce gain prend la forme d’une amélioration de la transparence de l’eau et d’une augmentation des surfaces recouvertes par des herbiers marins, permettant de se rapprocher des objectifs du Bon état des eaux au titre de la DCE.

Le modèle d’écosystème développé par le Gipreb, montre par ailleurs un gain de salinité et de température de l’eau (notamment l’été) sur tous les secteurs du grand étang selon un gradient s’éloignant de la zone d’apport des Trois Frères.

LE TUNNEL DU ROVE
Article modifié le 05/10/2026