Restaurer l'étang de Berre

La notion de restauration écologique se heurte souvent à la question fondamentale de définir un état du milieu vers lequel il faudrait tendre. Par définition, les milieux naturels et plus encore ceux soumis aux pressions anthropiques évoluent en permanence d'un état à un autre. Parfois en oscillant autour d'une position d'équilibre, parfois en montrant de réels signes de dégradation, par la perte de biodiversité par exemple, et parfois par des signes d'amélioration.

Un état « de référence »

Les chercheurs en écologie s’accordent aujourd’hui sur la définition d’un état de référence défini  par les conditions écologiques pour lesquelles le milieu satisfait les services de plus haute valeur tant au plan écologique, qu’économique et social. Après avoir défini cet état de référence, il faut alors tenir compte de l’évolution globale du contexte pour adapter cet état à la réalité actuelle. En général cela conduit à dégrader cet état de référence pour se fixer un objectif de restauration tenant compte des aménagements et de l’augmentation de la population.

Pour l’étang de Berre

La période de référence se situe autour des années 1930, les aménagements que sont le tunnel du Rove et le canal de Caronte ont favorisé la stabilisation de la salinité à des valeurs élevées (28-32) et ainsi permis le développement d’un écosystème riche en espèces à forte valeur ajoutée.  La pêche est florissante et couvre de nombreux compartiments de l’écosystème, poissons mais également coquillages sont pêchés en abondance. Les herbiers de zostère couvrent quasiment toute la bordure côtière (plus de 6 000 ha) et offrent un abri de qualité aux juvéniles tout en protégeant les rives de l’érosion. Les pressions humaines liées à l’industrie et l’urbanisation restent encore faibles et ne dégradent pas la qualité du milieu.

Des objectifs réalistes

Dès 2002, le Conseil scientifique du Gipreb a accompagné les membres du Gipreb dans la définition d’objectifs écologiques à garder en ligne de mire. Ces objectifs s’appuient sur les deux principaux indicateurs que sont la macrofaune benthique et les herbiers de plantes aquatiques. Ces deux compartiments jouant un rôle intégrateur de l’amélioration de la qualité du milieu et de la baisse des pressions qui lui sont exercées.

  • Pour les herbiers, il s’agit de retrouver un peuplement de zostères naines sur les petits fonds côtiers (de 0 à 3 m de profondeur) ainsi que des zostères marines dans les zones sous l’influence directe de la mer (jusqu’à 6 m de profondeur) et des potamots à l’embouchure immédiate des rivières.
  • Pour les peuplements benthiques, il s’agit de retrouver une composition d’espèce caractéristique des milieux lagunaires sur tout l’étang et la présence de peuplement caractéristiques des secteurs plus salés de bonne qualité aux abords du chenal de Caronte.

Article modifié le 19/10/2018