Quel projet pour remettre l'eau en circulation dans le canal du Rove ?

Dès sa création, le Gipreb a planché sur la question de la remise en circulation de l'eau dans le tunnel du Rove.

Le projet

Le projet actuel a été proposé par le Gipreb en 2017 puis étudié et mis à jour par la Société du Canal de Provence (expert en aménagement hydraulique) en 2022. Il s’agit de  faire transiter un débit maximal de 12 m³/s au travers d’une canalisation permettant de franchir la zone d’éboulement du tunnel.

Dans un premier temps, cette eau, pompée depuis la rade de Marseille et s’écoulant jusque dans l’étang de Berre, permet l’amélioration des conditions physico-chimiques de l’eau du canal.

Dans un second temps, cette eau est mise à disposition de l’étang de Bolmon avec une utilisation des communications (fenêtres) entre l’étang de Bolmon et le canal du Rove.
Une fois la charge trophique (quantité de nutriments -azote, phosphore- apportée à l’écosystème sur une période donnée) de l’étang de Bolmon diminuée, toutes les communications entre les plans d’eau sont remises en service (fenêtres et bourdigues). Elles permettent une maximisation des échanges naturels et du renouvellement des eaux des étangs en bénéficiant toujours de l’effet de dilution lié à l’apport d’eau de mer.

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Comment ?

Techniquement, le projet s’appuie sur la traversée de l’éboulement par une canalisation permettant d’alimenter le bassin situé à la sortie nord du canal. Depuis ce bassin, les eaux sont pompées vers le canal du Rove. Le dispositif est alimenté par l’électricité de panneaux photovoltaïques situés sur le canal. Il ne fonctionne qu’à l’énergie solaire. Les eaux s’écoulent dans le canal gravitairement jusqu’au site des Trois Frères, où elles rejoignent l’étang de Berre. Au passage, elles alimentent l’étang de Bolmon par les communications existantes entre le canal et l’étang de Bolmon.

Pour sa conception et sa réalisation, le projet de réouverture à l’eau de mer présente des contraintes : réglementaires, techniques et hydrauliques, environnementales… Il exige donc une quantité importante d’études très précises et diverses : géotechnique, topographique, géologique et hydrogéologique, sur les sédiments du Tunnel et du Canal du Rove, un suivi préalable du milieu (paramètres physico-chimiques de l’eau et des sédiments), mais aussi des inventaires préalables sur l’ensemble de la faune et de la flore concernée par le projet (espèces et habitats protégés).

Quand ?

En 2026, l’étang de Bolmon a connu une première phase d’aménagement avec le creusement des bourdigues permettant, à terme, la communication libre entre les trois milieux aquatiques.

Le projet d’ensemble entre en phase opérationnelle avec la réalisation des études réglementaires permettant d’obtenir l’autorisation de travaux (étude d’impact, dossier loi sur l’eau, phase d’enquête publique…).

Combien ?

Le coût des travaux a été estimé à 16,5 M€ en 2022.

Quels gains écologiques ?

Voir la page suivante : Les perspectives de restauration des 3 écosystèmes

Le saviez-vous ?

De nombreuses modélisations ont été menées par le GIPREB sur cette solution, associées à une étude sur les échanges actuels entre l’étang de Berre, l’étang du Bolmon et le canal du Rove (rapport disponible) .  Cette action est préconisée par le rapport d’information parlementaire de septembre 2020 et fait partie de la feuille de route “étang de Berre”.

Historique du projet

Les questions au départ

Le projet était-il réalisable : comment les eaux pouvaient-elles s’écouler de la mer vers le complexe lagunaire de l’étang de Berre? Est-ce utile pour l’environnement ? Quelle quantité d’eau faut-il pour restaurer les étangs de Berre et de Bolmon ?

Les études de 2002

En 2002, le Grand Port Maritime de Marseille et le Gipreb confient deux études au bureau Ramade-Gérim. Leurs conclusions sont claires :

  • Le projet est utile. Les lagunes côtières souffrent d’un excès de nutriments, l’eutrophisation. Pour les restaurer, il faut améliorer leurs échanges avec la mer.
  • Le projet est réalisable. Il faut un dispositif anti-retour pour que l’eau circule dans un seul sens, de la rade de Marseille vers l’étang. Des pompes assurent le débit nécessaire.

Le choix du débit en 2004

Trois débits maximaux sont proposés : 30, 20 et 4 m³/s. Après une large concertation locale et l’avis du ministre de l’Environnement, c’est le débit de 20 m³/s qui est retenu en 2004.

Les étapes suivantes

Plusieurs études se succèdent :

  • des études géotechniques, pour définir les travaux dans le tunnel effondré ;
  • des études sur les sédiments du tunnel ;
  • la recherche de financements, puis la désignation du Grand Port Maritime de Marseille comme maître d’ouvrage.

Pendant ce temps, le Gipreb crée un modèle informatique. Il simule les échanges d’eau entre l’étang de Berre, l’étang de Bolmon et le canal du Rove.

Un projet ajusté depuis 2013

En 2013, le Grand Port Maritime de Marseille fait appel à une assistance externe. Sa mission : chiffrer précisément les travaux et choisir les entreprises. Ses conclusions remettent en cause le projet initial, avec des coûts estimés à 35 M€. Un nouveau projet est alors défini, au plus près des besoins réels de restauration écologique.

 

Article modifié le 06/10/2026