Présentation des résultats

Présentation des résultats chiffrés selon les deux méthodes d'évaluation : l'analyse coût avantage et l'estimation des retombées locales. Ces deux méthodes sont complémentaires

1. LES INDICATEURS UTILISES

Valeur actualisée nette

La valeur actualisée nette (VAN) correspond au cumul des valeurs actualisées annuelles sur une période de 50 ans (2012 à 2062). Elle permet de connaître combien rapporte (ou coûte) le
projet dans sa globalité selon les différentes options envisagées. Une valeur positive dénote une rentabilité économique du projet.
Grâce à la valeur actualisée nette cumulée année après année, il est possible de déterminer à partir de quelle date le projet devient rentable.

Valeur annuelle nette

Cette valeur correspond aux avantages nets (les avantages moins les coûts — hors coût des travaux de dérivation) non actualisés une année donnée. Elle permet de connaître les
avantages générés chaque année par la réhabilitation, selon les différents scénarios. 2040 a été choisie comme année de comparaison de cette valeur selon les différents postes. En effet,
en 2040, tous les postes évalués auront terminé leur progression pour atteindre leur régime de croisière. Les valeurs ne seront cependant pas nécessairement identiques les années
suivantes dans la mesure où certaines évolutions se font toujours sentir (la démographie par exemple).

Taux de retour sur investissement

Ce taux met en relation l’investissement initial avec la moyenne des valeurs annuelles actualisées nettes. Il exprime la rentabilité de l’investissement dans le projet en l’assimilant à
un placement financier. Ce taux peut être comparé aux taux d’intérêt de long terme des marchés financiers par exemple. Il permet également de comparer le projet à d’autres
opportunités pour l’investisseur.

2. LES AGREGATS RETENUS ET LES RESULTATS

Les retombées locales

Cette méthode d’évaluation vise à répondre à la question suivante : laquelle des deux options de réhabilitation — dérivation ou restitution max —apporte localement le plus de retombées ?
Afin d’y répondre, les retombées des postes du plan comptable relevant de l’approche territoriale ont été agrégées, à savoir : les activités de tourisme, les loisirs de proximité, le
nautisme, la pêche, les aménités environnementales (uniquement la valeur de non-usage, celle d’usage étant déjà prise en compte via les loisirs de proximité), la cohésion sociale
(pour le tiers correspondant à l’amélioration de la productivité, la baisse de l’absentéisme, …) et les conséquences sur le val de Durance. Il s’agit d’avantages actualisés nets c’est-à-dire
auxquels on a retiré certaines dépenses, strictement liées au projet de réhabilitation, considérées comme nécessaires pour faire apparaître les avantages et qui intègrent dans leur calcul l’effet du temps. La somme de ces avantages est à comparer aux investissements à consentir pour réaliser la réhabilitation. Ceux-ci sont considérés comme nuls dans le cas de l’option restitution et égaux aux coûts des travaux de dérivation dans le cas de l’option dérivation.
Par ailleurs, plusieurs combinaisons d’hypothèses étant possibles, nous avons retenu de présenter les résultats pour deux combinaisons d’hypothèses particulières : une combinaison qui maximise les retombées et une autre qui les minimise.

Retombées économiques actualisées sur 50 ans (millions d'euros)
Dérivation (fourchette haute) Restitution (fourchette haute) Dérivation (fourchette basse) Restitution (fourchette basse)

Tourisme

5 851

2 274

2 899

1 127

Loisirs

351

197

351

197

Nautisme

281

0

30

0

Pêche

55

25

52

29

Aménités environnementales (valeur de non usage)

3841

2 923

818

496

Cohésion sociale

122

86

122

86

Durance

1654

-1 867

195

-79

Total avantages

11 794

3 638

4 467

1 856

Coût des travaux

-1 522

0

- 1522

0

Valeur actualisée nette

10 272

3 638

2 945

1 856

Le saviez-vous ?

La dérivation, quelle que soit la combinaison considérée apporte plus de retombées économiques sur le territoire que la restitution et cela en tenant compte des coûts actualisés de la dérivation. Les avantages économiques de la dérivation présentent en effet une valeur actualisée nette comprise entre 3,6 et 10,2 milliards d’euros sur 50 ans tandis que celle de la restitution se situe entre 2 et 3 milliards d’euros, selon la combinaison retenue.

L’analyse coûts – avantages

Cette deuxième méthode d’évaluation aborde le choix entre les deux options au regard de la question de l’efficacité relative des dépenses publiques. Quelle option apporte le plus
d’avantages nets à l’échelle nationale ?
Dans cette optique, ne sont pris en compte que les postes comptables qui correspondent à des productions nettes de richesse à l’échelle nationale afin de ne pas tenir compte des transferts de richesse entre régions. De ce fait, les postes comptables agrégés ici sont les suivants : l’hydroélectricité, la pêche, la cohésion sociale, les aménités environnementales et les conséquences sur la Durance. La somme des avantages de chacun des postes est à comparer aux investissements à consentir pour réaliser la réhabilitation. Ceux-ci sont considérés comme nuls dans le cas de l’option restitution et égaux aux coûts des travaux de dérivation dans le cas de l’option dérivation.

Valeur actualisée nette sur 50 ans (millions d'euros)

Dérivation (hypothèse favorable dérivation)

Restitution ((hypothèse favorable dérivation)

Dérivation (hypothèse favorable restitution)

Restitution (hypothèse favorable restitution)

Pêche

55

25

55

25

Cohésion sociale

370

259

370

259

Aménités environnementales

3 533

1 997

871

792

Durance

1 654

-1 867

226

-113

Hydroélectricité

733

-458

641

-413

Total avantages

6 345

-45

2 132

585

Coût des travaux

-1 522

0

-1 522

0

Valeur actualisée nette

4 823

-45

610

585

Le saviez-vous ?

Le tableau montre que la dérivation est plus avantageuse que la restitution mais que l’écart est peu important et donc moins significatif dans le cas de la combinaison d’hypothèses favorables à la restitution Sur cinquante ans, la dérivation générerait en effet entre 0,6 et 4,8 milliards d’euros (nets des investissements). En ce qui concerne la restitution, la combinaison d’hypothèses favorables à la dérivation aboutit à une valeur actualisée négative !

Le retour sur investissement de la dérivation

Cette comparaison des valeurs actualisées nettes doit être complétée par un autre indicateur. Il existe en effet une différence de nature entre les deux options de réhabilitation, la
dérivation pouvant aisément être entendue comme une démarche d’investissement public tandis que la restitution maximale en Durance s’appuie uniquement sur des modifications
réglementaires. En effet, dans le premier cas, il s’agit de financer un ouvrage (la dérivation), dans la perspective de donner des opportunités (la réhabilitation de l’étang) aux populations
pour leur développement. Dans cette optique, la puissance publique qui prend en charge l’investissement attend en retour un développement justifiant ces dépenses initiales. À
l’échelle de la nation, l’investissement dans la réhabilitation de l’étang de Berre apparaît alors potentiellement en concurrence avec d’autres investissements alternatifs réalisables sur
d’autres territoires et/ou pour d’autres infrastructures.
Le critère de jugement économique pour la puissance publique est alors le retour sur investissement que l’on peut attendre des diverses opportunités qui s’offrent à elle, compte
tenu bien évidemment de la rareté relative de l’argent qu’il faudra bien mobiliser pour réaliser ces investissements.
L’option « dérivation » atteint son point d’équilibre, selon la combinaison d’hypothèses considérée, au bout de 17 ou 33 ans, période à laquelle les 1,5 milliards d’euros (actualisés)
investis par la puissance publique sont ainsi récupérés. Cela correspond respectivement à un taux de retour sur investissement de 4,7 % ou 2,1 %.

On peut comparer ce taux au taux d’intérêt à long terme (emprunt de l’État) qui fluctue entre 3 et 4,3 %.

Article modifié le 26/10/2018