Istres

Poursuivre la réduction des apports

Pour l'année 2017, particulièrement sèche, les apports du canal usinier Edf représente 90 % des apports d'eau douce et 94 % des apports d'azote à l'étang de Berre. Malgré les réductions opérées en 2005 sous l'impulsion de la Communauté européenne, l'eau durancienne déversée par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas reste largement majoritaire dans le bilan global des apports à l'étang.

Accentuer la réduction des rejets EDF

Depuis 2013, sur la base des constats de 8 années d’une expérimentation initialement prévue pour 4 ans, le Gipreb s’est positionné en faveur de nouvelles réductions des rejets EDF dans l’étang de Berre. Les maigres améliorations observées alors sur la transparence de l’eau, l’eutrophisation et les herbiers de zostères se sont depuis confirmées soulignant l’effet positif d’une baisse de ces rejets sur le fonctionnement de l’étang. Si la solution actuelle n’est satisfaisante pour aucun des acteurs impliqués (Basse Durance, Etang de Berre, Edf) et que seule une dérivation permettrait de retrouver un potentiel de turbinage à la hauteur de l’équipement hydroélectrique de la chaîne Durance/Verdon, il en reste néanmoins certain que toute réduction des apports du bassin versant sera favorable à la restauration de l’écosystème lagunaire.

Poursuivre les efforts sur le fonctionnement des systèmes d’assainissement

Les stations d’épuration du pourtour immédiat de l’étang de Berre répondent toutes aux normes européennes en matière de traitement de l’azote et du phosphore. Sur le bassin versant naturel de l’étang quelques ouvrages doivent toutefois être rénovés et nombre d’entre eux doivent faire l’objet d’investissements permettant de réduire les débordements par temps de pluie. La deuxième saison du Contrat d’étang s’attache à corriger ces situations pour réduire les apports urbains.

Les apports liés à l’activité agricole et industrielle sont relativement faibles dans l’étang de Berre. Si des réductions sont encore possibles et nécessaires il semble difficile de pouvoir en mesurer les effets sur l’écologie globale de l’étang au regard de la prépondérance des autres sources.

Dériver les eaux du canal Edf vers l’embouchure du Rhône

Techniquement c’est possible,

Dès sa création, le Gipreb a été le lieu d’une intense concertation autour de la réalisation des études techniques permettant de statuer sur la faisabilité technique d’une dérivation des eaux duranciennes. Ce sont en fait  18 solutions de suppression des rejets dans l’étang de Berre qui ont alors été étudiées. Parmi celles-ci,  le bureau d’études puis l’ensemble des partenaires réunis au sein du Gipreb ont sélectionné celles dont la faisabilité technique était confirmée pour une analyse plus approfondie. Les solutions techniquement faisables et répondant à l’objectif de supprimer les rejets dans l’étang de Berre tout en conservant une capacité quasi-totale de fonctionnement de la chaîne hydroélectrique se concentraient sur l’idée centrale d’une dérivation vers le Rhône avec plusieurs options possibles quant au tracé et au mode d’acheminement de l’eau.

Economiquement c’est rentable…

Par la suite le Gipreb s’est engagé dans une étude socio-économique de la dite dérivation des rejets afin de mettre face à face les coûts de travaux et les bénéfices environnementaux et sociaux. C’est ainsi que les bénéfices sur le cadre de vie, l’écologie, l’économie locale et nationale ont pu être chiffrés selon plusieurs scénarios (du plus optimiste au plus pessimiste) et comparés au coût prévisionnel d’investissement. Les conclusions de cet ambitieux travail sont que ce projet est rentable après une période de 17 à 22 ans selon les scénarios et que les gains générés par les investissements après 50 années d’exploitation se situent entre 3 Md et 10 Md d’euros.

Et pourtant,

Si la dérivation des eaux du canal EDF vers le Rhône apparaît comme la seule solution permettant de retrouver un écosystème équilibré dans l’étang de Berre tout en restaurant les capacités de production hydroélectrique et sans provoquer de modifications importantes dans la structure alluviale de la Basse Durance, le poids des travaux et des investissements à consentir bloque la concrétisation de ce projet et impose la recherche de solution intermédiaire à mettre en oeuvre à court terme.

 

Article modifié le 02/10/2018