Echouage d’algues vertes (ulves) au Jaï

Le 24/05/2019
Un périmètre de sécurité a été mis en place à Châteauneuf-les-Martigues en raison d'une trop grande quantité d'ulves.

Les anses 2, 3, 4 et 5 de la plage du Jaï et de la promenade Émile Légier sont interdites à titre préventif à compter du vendredi 24 mai 2019. Cette interdiction est motivée par un échouage
massif d’algues vertes.

Les algues vertes, sont des espèces nitrophiles, très demandeuses d’azote qui ne peuvent se développer en masse que si le site est enrichi par un apport d’azote (sous forme de nitrate et/ou d’ammonium). Tous les auteurs ayant traité de la question du facteur chimique contrôlant l’intensité des marées vertes ont montré que c’était l’azote, et non le phosphore, qui était limitant. La principale source d’apports d’azote (plus de 50 %) vient des apports d’eau de la centrale EDF. Ces proliférations algales illustrent, s’il en était encore besoin, l’excessive eutrophisation de la lagune de Berre.

Il était également prévisible que ces espèces nitrophiles soient particulièrement présentes en 2019, du fait de la remise en suspension et du relargage de nutriments par dégradation de la matière organique présente à la surface des sédiments après la crise anoxique et écologique de 2018.

Comme toute prolifération d’une espèce particulière, une marée verte perturbe la biodiversité locale. L’ulve fixée sur un substrat a tendance à éclipser les autres plantes aquatiques (zostères) par réduction de la place et de l’éclairement disponibles.

La nuisance la plus prégnante, celle qui fait fuir les touristes et qui désole quotidiennement les riverains, c’est la puanteur causée par les émissions d’hydrogène sulfuré. Ces émissions sont potentiellement dangereuses et peuvent provoquer nausées, vertiges, irritations respiratoires… La dangerosité des ulves résulte uniquement de leur décomposition. Désséchées par le soleil et le vent, les ulves constituent vite une croûte blanchâtre rigide. Imperméable aux échanges gazeux, cette croûte empêche la diffusion d’oxygène depuis l’atmosphère et bloque en sens inverse le dégazage de l’hydrogène sulfuré produit par la fermentation sulfato-réductrice des algues entassées. Un animal ou un humain marchant dans ces dépôts en décomposition, en crevant la croûte superficielle, libère alors instantanément un jet très concentré d’hydrogène sulfuré et d’ammoniac, d’autant plus dangereux qu’on le respire près du sol. C’est la raison pour laquelle, au bout de 36 h d’échouages d’ulves, les communes sont contraintes de poser un périmètre de sécurité de 30 mètres autour des échouages. C’est ce que vient de faire la commune de Châteauneuf-les-Martigues.

La « Poletto-Mobil » sera mise par le GIPREB à la disposition de la commune de Châteauneuf-les-Martigues, où elle stationne, et devrait pouvoir intervenir pour ramasser les algues à partir du mardi 27 mai.

En savoir plus : « Les marées vertes », éd Quae, Alain Ménesguen.

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