Fermeture de la pêche à la palourde

Le 24/09/2018
Au cours de l’été 2018, l’étang de Berre a subi une importante crise anoxique qui a provoqué des mortalités massives d’organismes, notamment…

La crise anoxique que connaît l’étang depuis la mi-juillet trouve son origine dans les importants apports en nitrates de ce printemps, liés à la pluviométrie (apports par les rivières) et les apports par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas excessivement importants au printemps 2018. Ces apports massifs, associés à la chaleur et l’ensoleillement estival ont favorisé le développement excessif de phytoplancton. La dégradation de ce phytoplancton en profondeur a consommé l’oxygène présent et provoqué des anoxies (disparition de l’oxygène). L’absence durable de vent durant cette période n’a pas permis un brassage suffisant des eaux et cette anoxie s’est développée et déplacée sur les fonds touchant une grande partie de l’étang. C’est pour cette raison que de nombreux poissons morts ont été retrouvés sur les plages dès le début du mois d’août.

De plus, depuis le 10 août,  des rejets « exceptionnels » d’eau par la centrale EDF sont intervenus en lien avec des travaux de sécurité programmés dans le lit de la Durance. Ces rejets représentent une nouvelle source d’azote entretenant ce phénomène d’eutrophisation.

 Impact sur les peuplements

De la patience sera nécessaire pour mesurer précisément l’impact de cet épisode sur l’état écologique de l’étang de Berre et sur la ressource en palourde. Cependant, les premières investigations montrent que toute la zone profonde jusqu’à environ 2,5 m a été touchée avec disparition totale des organismes vivants (vers, crabes, palourdes, moules…). Sur certains secteurs, comme au Jaï, la côte est ou l’étang de Vaïne, les anoxies semblent être remontées jusqu’à 1,5 m de fond. Dans ces secteurs, la mortalité des organismes benthiques est totale. Cet épisode a également eu un impact sur les herbiers de zostères dont certains ont perdu leurs feuilles de manière précoce (normalement la chute intervient fin novembre) et il faudra attendre l’année prochaine pour connaître leur état de conservation. En ce qui concerne les palourdes, le stock profond (au-delà de 3 m de fond) a, selon nos premières observations, complètement disparu. Des palourdes sont encore présentes sur la bordure littorale (0 – 1,5 m) et peuvent toutefois servir de base à une nouvelle colonisation des fonds sous réserve de les préserver.

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