Mortalité de poissons dans l’anse de Saint-Chamas

Le 15/09/2026
Ces derniers jours, des quantités importantes de poissons morts se sont échouées sur les rivages de Saint-Chamas, conséquence de phénomènes complexes…

De toutes espèces et de toutes tailles, des poissons sont morts à Saint-Chamas suite à la mise en contact avec des eaux dépourvues d’oxygène, et acidifiées par les conditions de chaleurs estivales. Des phénomènes complexes d’interaction entre l’eau et le vivant, entre les sédiments et les bactéries, expliquent la mise en place de ces phénomènes de dégradation de la qualité écologique des eaux.

Les conditions de chaleur estivale favorisent le développement du phytoplancton, qui trouve tout ce dont il a besoin dans l’étang : de la lumière abondante, des eaux chaudes, des nutriments. Comme dans une piscine, le phytoplancton se développe abondamment et son cycle de vie très court le conduit à très vite mourir et sédimenter vers le fond, tandis qu’il est remplacé par de nouvelles cellules vivantes en surface.
Une fois au fond, cette manne de matière organique va faire le bonheur de tout un écosystème bactérien qui va s’atteler à la dégrader. Les bactéries vont très vite consommer tout l’oxygène présent puis passer la main à d’autres familles de bactéries capables de réaliser cette dégradation sans oxygène. On parle de bactéries sulfato-réductrices.
Le problème est que l’action de ces bactéries va progressivement acidifier l’eau et la rendre de plus en plus hostile à la survie des animaux du fonds : vers, coquillages, crustacés, poissons de fond… Une fois en place, seul le vent peut stopper ce cercle vicieux en évacuant les eaux chargées de matières organiques vers la mer, en brassant les eaux pour les réoxygéner, et en faisant baisser la température.

L’épisode de mistral de mercredi et jeudi derniers a clairement joué son rôle et amélioré la situation écologique de l’étang. Sauf que ces grandes quantités d’eaux acides, subitement ramenées en surface dans la zone nord de l’étang par un phénomène d’up-welling (le vent pousse les eaux de surface vers le sud et induit la remontée des eaux de fond vers le nord), ont fortement impacté les populations de poissons présentes, qui n’ont pas eu le temps de fuir vers des eaux plus accueillantes. Un certain nombre de poissons sont morts intoxiqués par l’acidité de l’eau. Ce phénomène très rapide, ayant donné lieu à l’observation d’eaux blanches typiques des malaïgues dans l’après-midi de jeudi, a vite été interrompu par le brassage des eaux de surface, réoxygénées par la suite. Aujourd’hui, les poissons morts lors de cet épisode s’échouent sur les plages.

Bien qu’impressionnant par la mortalité des poissons, ce type d’évènement reste salutaire pour l’étang qui a ainsi évacué vers la mer une grande quantité de cette matière accumulée l’été.

La qualité des eaux de baignade n’est pas affectée par ces phénomènes qui sont sans incidence pour un baigneur, même s’il est bien sur fortement recommandé de ne pas se baigner dans les zones où de nombreux poissons morts gisent sur la plage.
À la suite de cet événement, et en parallèle avec la baisse progressive des températures de l’eau, les eaux sont encore oxygénées ce jour et devraient le rester jusqu’au prochain coup de vent prévu pour mercredi.

Il faut enfin souligner que les turbinages EDF étaient partiellement autorisés du 29 août au 12 septembre, et sont totalement autorisés depuis le 12 septembre, mais que l’industriel a repoussé la reprise des turbinages du fait de la situation très critique de l’étang. Les turbinages n’ont pas repris à ce jour.

Quelques images schématisées pour expliquer le phénomène

 

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