La réhabilitation d’un milieu, ce sont de longues années d’études et d’expérimentations !
Les lagunes, milieux récepteurs des eaux de leur bassin versant, voient leur écosystème évoluer en permanence: modification du climat (températures, régime des vents et des pluies…), population des villes grandissante, nouveaux aménagements et infrastructures… Les habitats et les espèces s’adaptent en permanence en réaction à ces évolutions.
Pour le complexe lagunaire de l’étang de Berre, le projet de réhabilitation a évolué dans sa configuration et son amplitude au fil du temps, en s’adaptant à l’évolution du contexte. De nombreuses études ont été conduites, et de nombreux avis scientifiques ont été émis.
Le travail d’expertise conduit par le Gipreb sur les solutions mises en œuvre pour la réhabilitation des lagunes dans le monde, montrait en 2010 que 3 grands axes de restauration étaient poursuivis quelle que soit la configuration des lagunes. Pour l’étang de Berre, ils sont en partie déjà engagés :
𝗟𝗮 𝗿é𝗱𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗮𝗽𝗽𝗼𝗿𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗻𝘂𝘁𝗿𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗲𝘁 𝗱’𝗲𝗮𝘂 𝗱𝗼𝘂𝗰𝗲 𝗱𝘂 𝗯𝗮𝘀𝘀𝗶𝗻 𝘃𝗲𝗿𝘀𝗮𝗻𝘁
➜ Avec la réduction des rejets via le protocole d’accord signé avec EDF pour 4 années.
➜ Avec la mise aux normes des stations de traitement des eaux usées, finalisée en 2006. Depuis, la Métropole poursuit des travaux d’amélioration des traitements, des ouvrages et des réseaux afin de réduire les apports polluants.
➜ Avec de multiples projets de désimperméabilisation des sols (sols imperméables = augmentation des apports par temps de pluie)
𝗟’𝗲𝘅𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗺𝗮𝘁𝗶è𝗿𝗲
➜ Avec le maintien de la pêche professionnelle et de loisir dans un mode durable
➜ Avec le ramassage des algues par les communes et par la société Eranova pour la fabrication de bioplastique (nous vous en parlerons prochainement)
𝗟’𝗮𝗺é𝗹𝗶𝗼𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 é𝗰𝗵𝗮𝗻𝗴𝗲𝘀 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹𝗮 𝗺𝗲𝗿
➜ Avec la réouverture des bourdigues de l’étang de Bolmon pour améliorer les échanges avec l’étang de Berre et le canal de navigation. La dernière étape sera concrétisée par les travaux sur le tunnel du Rove.
À cela s’ajoute la restauration des herbiers de zostères, permettant d’accélérer leur retour et leur colonisation grâce à des transplantations.
De ces grands axes d’actions de restauration, une évolution peut être notable sur l’amélioration partielle de la qualité de la colonne d’eau, la diminution des concentrations en nutriments pour lutter contre l’eutrophisation, et une diminution de la biomasse phytoplanctonique.
La renaissance de l’étang de Berre, ce n’est donc pas « juste » tel ou tel projet ! C’est l’addition d’une multitude d’éléments, de suivis d’un écosystème, d’expérimentations, sur du long terme, prenant en compte sa capacité à surmonter des crises écologiques et climatiques majeures.
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