Tout savoir sur la baignade !

Le 21/07/2026
Vous vous demandez qui est responsable du contrôle de l’eau et quels sont les critères de surveillance ? On vous dit tout !

Qui est responsable du contrôle de l’eau ? Qui contrôle quoi et à quel rythme? Quels sont les critères de surveillance ? Voici un tour d’horizon des rôles et attributions de tout ce qui concerne la qualité des eaux de baignade de l’étang de Berre !

Si les résultats de l’année 2025 confirment une excellente qualité des eaux de baignade sur l’étang de Berre par l’ARS, il n’est autre que le fruit d’un travail collaboratif important réalisé tout au long de l’année…

Chaque maire de chacune des 10 communes de l’étang de Berre est le responsable légal des baignades sur son territoire. Il est tenu d’assurer la réalisation d’analyses de la qualité de l’eau dès lors qu’un site connaît une fréquentation de baignade régulière ou importante.
Il est responsable de la qualité des eaux et de la sécurité des baigneurs, et pour cela, il mobilise plusieurs autres institutions.

Le Gipreb intervient en coordinateur général pour plus de cohérence et d’homogénéité sur toutes les plages de l’étang de Berre. Il est également un soutien technique, scientifique et financier des villes : conseils sur les bonnes mesures de gestion, veille météorologique, prise en charge financière des prélèvements et analyses, gestion et transmission des résultats.

L’ARS (Agence Régionale de Santé) est le service d’Etat compétent qui assure un pilotage unifié de la santé en région, et répond aux besoins de la population : elle joue donc un rôle de contrôle et diligente aux frais du Gipreb, un programme d’analyses pour chaque plage fréquentée, surveillée ou non par un poste de secours. L’ARS est le garant de la bonne application de la législation.

Le Laboratoire départemental d’analyse des Bouches-du-Rhône (LDA 13) est l’organisme agissant pour le compte de l’ARS, pour la réalisation des prélèvements et analyses sur toutes les baignades du département.

Les postes de secours (pompiers, SNSM, CRS…) interviennent à la demande des mairies dans le cadre de prestations de surveillance. Leur rôle est la protection des usagers contre les risques de noyade. De par leur présence sur les plages, ils assurent également un rôle d’information et de prévention pour des sujets comme les risques d’insolation, les éventuelles pollutions. Ce ne sont pas des policiers, ils ne gèrent pas les incivilités et ne peuvent pas intervenir face à des usagers récalcitrants ou bravant les règles de sécurité, type baignade sous drapeau rouge.

La baignade est donc autorisée toute l’année partout où le maire ne l’interdit pas explicitement ! Une interdiction de baignade doit être justifiée par l’existence d’un danger permanent qu’il est impossible de supprimer. Dans ce cas, le public doit être informé du danger avec un affichage.

La surveillance de la qualité des eaux de baignade s’appuie sur 3 niveaux d’évaluation :

  • L’observation immédiate

    Elle est réalisée par un agent de la ville ou du poste de secours, chaque matin avant l’ouverture de la plage, et permet de relever toute situation anormale : couleur et transparence de l’eau, odeur suspecte, échouage massif de poissons ou d’algues, de mousses… Si un risque est suspecté, le maire doit en être informé et peut décider d’un arrêté immédiat de fermeture temporaire.

  • L’analyse sanitaire réalisée par le LDA pour le compte de l’ARS

    C’est un contrôle inopiné sur lequel le Gipreb n’a pas la maîtrise. En accord avec les mairies, le Gipreb définit un nombre de prélèvements par plage pour la saison ; les agents du laboratoire départemental passent sur les plages pour analyser l’eau selon un calendrier établi par l’ARS, dont personne n’a connaissance.
    Les normes d’analyse des échantillons de baignade en France mettent en œuvre des techniques éprouvées et sûres nécessitant un temps d’incubation des bactéries recherchées (E.coli et Entérocoques) de 48 heures. Il s’agit de rechercher des bactéries indicatrices de pollutions fécales. Elles peuvent être vivantes ou mortes dans l’eau, et seule l’incubation permet de dénombrer les bactéries vivantes susceptibles de déclencher une infection chez un baigneur. L’éventuelle existence de ces bactéries en très grand nombre alerte sur la potentielle présence d’autres germes ou virus beaucoup plus rares et difficiles à détecter, mais aussi beaucoup plus dangereux et souvent associés aux eaux usées urbaines. Si le résultat est bon ou moyen on peut se baigner. S’il est mauvais la baignade est fermée jusqu’à l’obtention d’un meilleur résultat.

  • Le classement pluri-annuel

    Chaque année, une plage se voit attribuer par l’Europe un classement (insuffisant, suffisant, bon ou excellent) en fonction des résultats d’analyses des 4 années précédentes. Ce classement témoigne de la sensibilité globale de la baignade aux pollutions fécales. Une plage classée excellente n’est que très rarement sujette à pollution ; le risque de se baigner dans une eau de qualité dégradée est donc très faible.

A noter que, même aujourd’hui en 2026, il n’existe nulle part un moyen de connaître instantanément et avec certitude la qualité sanitaire de l’eau dans laquelle on se baigne ! Même en réalisant des analyses, tous les jours, toutes les heures ou toutes les minutes, un certain délai est nécessaire à la production et la lecture des résultats. Il existe donc toujours une part de risque à l’instant T où l’on se baigne !

En interne, le Gipreb met en œuvre une méthode d’analyse complémentaire aux analyses officielles, qui permet d’obtenir un résultat en 24 heures, donc plus rapidement. Ces analyses sont faites à titre d’étude ou à titre d’expertise dans des situations de doute, et peuvent venir confirmer une fermeture de baignade préventive, ou permettre une réouverture plus rapide une fois le doute levé. Cette méthode a permis de réaliser de très nombreuses analyses sur les baignades de l’étang et de constituer une base de données. Cela permet de générer un « modèle » assurant une meilleure gestion des baignades, notamment des fermetures adaptées et préventives lorsque des orages se déclenchent.

D’une manière générale, la qualité sanitaire de l’eau est très bonne sur l’étang sauf en cas de pluie ou d’orage lessivant les sols. A savoir qu’avant l’ouverture officielle d’une plage, la commune et le Gipreb doivent fournir aux autorités une étude de vulnérabilité de la plage, qui vise à identifier tous les facteurs potentiels de pollution de l’eau et le niveau de danger de chacun. Ce qui veut dire que, par principe, une plage n’est jamais ouverte dans un site où le risque de pollution sanitaire est important. Vous pouvez consulter le « profil de vulnérabilité des eaux » sur les panneaux à l’entrée des plages, ou sur la page des plages de notre site Internet (image ci-contre).

Enfin, pour compléter ces informations…

Qu’en est-il du lien entre déséquilibre écologique (type eaux marrons ou rouges) et risque sanitaire ?

Il est quasiment nul. Au Gipreb, nous citons souvent l’exemple d’une piscine : d’un point de vue sanitaire, l’eau peut être très bonne, mais en tant qu’écosystème, le résultat est mauvais car aucun être vivant animal ou végétal n’y vit. Et inversement, il existe des milieux naturels dans lesquels l’écosystème peut être en très bon état malgré la présence de bactéries problématiques pour les humains. Ou, par exemple, la présence de phytoplancton colorant les eaux en vert, rouge ou marron (souvent à l’automne pour l’étang de Berre), n’est pas nécessairement un problème sanitaire mais il signale un déséquilibre écologique. Comme le risque n’est jamais nul et que la protection des populations est prioritaire, il est recommandé d’éviter des secteurs où s’accumuleraient mousses ou poissons morts en cas de crise écologique.

Bonne baignade !

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