Le projet de remise en circulation de l’eau dans le tunnel du Rove pour alimenter l’étang de Berre franchit une nouvelle étape
Portée par le Gipreb et la
Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, la solution de remise en circulation de l’eau dans le tunnel du Rove vise à améliorer les échanges avec la mer et à restaurer durablement les milieux lagunaires.
Réunis en janvier à la Villa Khariessa, élus, services de l’État, acteurs économiques et associatifs ont échangé sur l’avancement du dossier et ses bénéfices pour la biodiversité. La rencontre s’est poursuivie par une visite des abords du tunnel, futurs lieux d’implantation des installations nécessaires au transfert de l’eau, dont la station de pompage et les ouvrages de liaison avec l’étang de Bolmon.
Le projet aujourd’hui entré dans une phase opérationnelle, permettra une amélioration nette des milieux aquatiques avec notamment le retour des différentes espèces de plantes aquatiques essentielles à l’équilibre des lagunes. Les experts ont jugé que les plantes permettant production d’oxygène et stockage de carbone pourraient avoir totalement reconquis leurs milieux à l’échéance d’une vingtaine d’années.
La phase opérationnelle en cours devra conduire les acteurs du territoire à obtenir l’ensemble des autorisations réglementaires nécessaires à la réalisation de ce type de travaux et à affiner la définition des ouvrages pour envisager un début de chantier courant 2029.
Commentaires
En réponse à pace
Bonjour, J'ai pris connaissance de votre message et vous confirme que tous les éléments que vous citez ont bien présidé à l'orientation du projet vers le programme actuel de travaux. Le premier élément est que les dernières estimations économiques d'une réouverture du tunnel évaluaient les travaux à un coût de l'ordre de 100 M €; c'était en 2010, de mémoire, et les coûts du projet actuel étaient alors évalués à 10 M €. Ensuite, la consommation électrique nécessaire au projet est totalement compensée par la pose de 4 000 m2 de panneaux solaires flottant sur le canal. Il n'y aura donc aucun coût supplémentaire à l'investissement initial de 1,2M€ pour installer les photovoltaïques. Resteront les coûts d'entretien, évalués à 50 000 € par an. Enfin, le renouvellement des eaux est d'autant plus efficace que l'eau circule dans un seul sens dans le canal. Les données historiques font part de courants alternativement entrant et sortant dans le tunnel (directement liés au décalage de la marée entre l'étang et la mer) mais du coup avec un pouvoir de renouvellement moindre car une grande partie de l'eau échangée à chaque marée est celle du tunnel, peu renouvelée, qui se déplace tel un curseur dans cette longue paille de 7 km. Le projet actuel intègre la possibilité de profiter de la marée puisque c'est un système de siphon qui fera passer l'eau d'un coté à l'autre de l'éboulement. Chaque fois que l'eau sera maintenue à un niveau plus bas côté Berre, l'activation du siphon permettra l'écoulement de la mer vers Berre presque sans effort. C'est d'ailleurs là que se situe toute la dimension expérimentale du projet. Beaucoup associent le terme "expérimental" du projet à ses effets.... c'est une erreur. Il est acquis que les effets seront bénéfiques pour les milieux; en revanche, l'optimisation du dispositif pour le rendre le plus efficace et le moins consommateur d’énergie, relève d'une phase de test et d'ajustement. Pour terminer, il faut bien se représenter que les débits de renouvellement naturels sont très faibles pour répondre aux besoins des milieux. L'idée de mettre des pompes, quelle que soit leur source d'alimentation, répond aux besoins en eau de mer des milieux. L'idée d'installer des dispositifs producteur d’énergie dans le flux d'eau conduirait à réduire les débits disponibles pour les milieux... cela va donc à l'encontre des objectifs du projet. De la même manière, des projets d'installation d'hydroliennes dans le canal de Caronte sont évoqués... mais ils tendraient à réduire les volumes d'eau entrants au prétexte de produire de l’énergie...on se rapproche des arguments qui ont conduit à l'installation de la centrale hydroélectrique EDF. En espérant avoir répondu à vos questions, Cordialement, Raphaël Grisel, Directeur du Gipreb