Vagues de chaleur à répétition : comment se porte l’étang de Berre?

Le 13/08/2026
Vous souffrez des vagues de chaleur à répétitions ? La nature aussi, et l'étang n'est pas épargné

Tout comme vous et nous, l’étang subit et pâtit des vagues de chaleurs successives depuis début juin: la température de l’eau est montée à 30 C° en son centre et régulièrement à 32-33°C sur les zones de baignade. Une eau trop chaude, c’est moins d’oxygène pour les poissons, avec un risque d’asphyxie pour certaines espèces. C’est aussi un multiplicateur de micro-organismes: bactéries, phytoplanctons, algues, parasites, qui en se développant dans l’eau, vont venir perturber l’équilibre de l’écosystème.

Les températures élevées puis l’asphyxie globale de la lagune provoquent parfois des épisodes de mortalités des poissons les plus fragiles et des odeurs incommodantes, une couleur de l’eau chargée en éléments, de la mousse sur les rives liées à l’agitation des eaux chargées en phytoplancton. Cet état de fait n’impacte pas uniquement l’étang de Berre : il touche et concerne l’ensemble des lagunes côtières et méditerranéennes, parce qu’elles sont particulièrement sensibles aux événements extrêmes du fait de leur forte productivité (les lagunes littorales sont des écosystèmes côtiers peu profonds parmi les plus productifs au monde).

Parmi les moyens dont le Gipreb dispose pour mieux comprendre le fonctionnement de la lagune, des sondes mesurant la salinité et l’oxygène sont placées au fond de l’étang à des endroits stratégiques. Ces sondes enregistrent une donnée toutes les demi-heures. Lors de leur relève, elles apportent une information très précise sur ce qu’il s’est passé pendant la période de mesure. Cette semaine, les plongeurs du Gipreb sont allés à la recherche de ces sondes pour en extraire les données. L’extrême opacité de l’eau n’a pas permis de retrouver tous les appareils : dans les zones les plus profondes, c’était la nuit noire. Les données continuent cependant d’être enregistrées et seront relevées à la prochaine visite.

Sur les appareils retrouvés, les données confirment que l’extrême chaleur de l’eau a fortement affaibli l’écosystème. Les couches profondes sont maintenant presque toutes soumises à l’anoxie (=manque total d’oxygène). Fort heureusement, ces couches ne sont pas celles où se trouve le plus de vie. Autre point positif : la couche de surface, malgré des colorations verte ou marron, contient des concentrations de phytoplancton élevées mais pas extrêmes. La quantité de matière organique créée n’est donc pas à son maximum et peut laisser espérer que les brises thermiques apporteront encore un peu l’oxygène nécessaire.

Qu’en est-il de la baignade?

La qualité sanitaire des eaux de baignade n’est pas directement affectée par cette souffrance de l’écosystème. Néanmoins, il est évident que les conditions de baignade sont dégradées par la présence d’algues et la coloration de l’eau. Des analyses complémentaires sont réalisées par le Gipreb chaque fois que la situation l’exige et génère un doute: pour le moment, l’ensemble des résultats a confirmé les valeurs relevées par l’ARS avec des conditions sanitaires conformes avec l’usage baignade (voir les résultats d’analyses sur notre page de la carte des plages).

 

En conclusion

La situation est très fragile mais pour le moment, l’étang tient le coup. Il est impossible de prévoir dans quel sens basculeront les équilibres, entre la production phytoplanctonique, les fortes températures et la force du vent dans les jours qui viennent. Souhaitons qu’Éole nous envoie du bon mistral pour réoxygéner notre mer de Berre et la rafraîchir par des entrées d’eau de mer !

 

 

 

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