État des lieux

Description de l'écosystème sur la base des données de l'Observatoire du GIPREB

Le dernier rapport de l'Observatoire du milieu décrit les résultats du suivi du milieu 2019 tout en les replaçant dans une trajectoire historique.

Dernier rapport de l'Observatoire en 2019

Le dernier rapport de l’Observatoire du milieu du GIPREB – Bilan 2019 est téléchargeable !

Il décrit en détail l’Observatoire, les résultats obtenus en 2019, et les différentes études en cours ou à venir.

 

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Retour sur 2018

Le rapport de l’Observatoire sur l’année 2018 décrivait la grave crise anoxique et eutrophique subie par l’étang de Berre à partir de l’été et jusqu’à la fin de l’année. Une importante dégradation de l’écosystème avait alors été observée, caractérisée entre autres par des mortalités importantes de poissons et coquillages et des eaux très turbides et chargées en matières organiques. Les concentrations de chlorophyle a ont été les plus fortes observées de puis 1998.

Alors que depuis les dernières années on assistait à une amélioration de l’écosystème notamment vis-à-vis de l’eutrophisation, l’année 2018 apparaît comme un recul important vers un système plus eutrophe dans la trajectoire historique, proche de celui des années 2000.

État des lieux en 2019

(télécharger le rapport)

L’année 2019 fait suite à la crise écologique de 2018 qui a été marquée par une importante crise dystrophique engendrant des anoxies même dans des secteurs peu profonds et des mortalités associées à ces anoxies. Ainsi, les résultats de l’Observatoire 2019 permettent d’observer la résilience des différents compartiments après cette crise.

L’année 2019 peut être considérée comme une année chaude et pluvieuse sur l’étang de Berre. Elle a été marquée par des températures supérieures aux moyennes habituelles sur l’étang de Berre (+0.93°c par rapport à la moyenne 1980-2010). L’été 2019 est le troisième été le plus chaud depuis l’an 2000 (après 2003 et 2018).

La pluviométrie a été plus importante (647.5 mm) que les dix dernières années mais s’est concentrée à partir de l’automne, après une première partie de l’année plutôt sèche. Les cumuls automnaux ont alors été assez importants, engendrant parfois des crues « décennales » sur les fleuves côtiers lors d’épisodes orageux particulièrement intenses. Ainsi, si les apports en eau douce par les rivières sont en augmentation en 2019, avec près de 300 millions de m3 d’eau, plus de la moitié de ces apports ont eu lieu lors de ces épisodes orageux (en novembre et décembre).

Au contraire, les apports par la centrale hydroélectrique ont été les plus faibles depuis sa mise en place (573,71 millions de m³) et concentrés principalement en début d’année (janvier à mi-mars).

Sous l’effet de ces apports faibles pendant la majeure partie de l’année et notamment le printemps et l’été, on observe une diminution de la concentration en nutriments (Azote et Phosphore) dans la colonne d’eau en 2019. Même si les niveaux de ces paramètres restent légèrement supérieurs à ceux de l’année 2017, ils témoignent d’un retour vers un plus faible niveau d’eutrophisation dans la colonne d’eau. Les épisodes de crues et les ruissellements associés aux épisodes orageux intenses de la fin de l’année 2019 ont été à l’origine d’augmentation des concentrations en nutriments, mais de manière limitée spatialement et temporellement. Les conditions d’oxygénation ont été meilleures que l’année précédente, et les anoxies sont cantonnées aux secteurs les plus profonds, sans remontée vers les zones littorales (moins profondes). La transparence de l’eau a été bonne avec des concentrations en Matières en suspensions et en Chlorophylle a faibles.

Pour le compartiment de la macrofaune benthique, après les mortalités massives observées en 2018, on observe des signes de recolonisation avec la présence de juvéniles de moules ou d’espèces pionnières (Capitella capitata, Arcuatulata senhousia, corbulla gibba) qui constituent la majorité des peuplements. La richesse spécifique reste très faible et ne retrouve pas les valeurs d’avant la crise. Sur la bordure côtière, la recolonisation semble plus rapide qu’en profondeur avec parfois des densités élevées mais liées à l’explosion d’une espèce (souvent des juvéniles de moules). Les espèces marines, qui avaient été observées début 2018 à l’embouchure du chenal de Caronte, ne sont pas revenues.

En ce qui concerne les macrophytes, les espèces nitrophiles (ulves, cladophores…) sont toujours abondantes et témoignent d’un écosystème eutrophisé. Pour les herbiers de zostères, dont plus de 50 % de la surface a disparu, la crise a eu un impact majeur. La surface est estimée en 2019 à 7.2 ha contre 17.9 ha en 2017. Certains herbiers historiques ont même disparu de plus de 90 % (Pointe de Berre, Vaïne) et leur état de dégradation est tel, qu’il n’est plus possible de parler d’herbier. Le rôle écologique de ces herbiers n’est plus assuré.

En conclusion, l’écosystème de l’étang de Berre en 2019 semble montrer un recul sur la trajectoire d’amélioration observée depuis 2014 et stoppée par la crise de 2018. Si sur le compartiment « eau », on peut constater des niveaux d’eutrophisation faible, en partie sous l’effet d’apport d’eaux plus faible, pour les compartiments plus intégrateurs (macrofaune benthique, macrophytes, zostères) les effets de la crise sont toujours visibles et bien marqués. Leur résilience est plus lente et va être conditionnée par le maintien dans le temps de conditions d’eutrophisation favorables (apports faibles, peu d’anoxies, bonne transparence). Evidemment, la survenue d’une nouvelle crise écologique pourrait être fatale à la recolonisation des fonds.

 

Le saviez-vous ?

L’ensemble des rapports de l’Observatoire du GIPREB sont téléchargeables dans la section Téléchargement (rapports scientifiques)

Article modifié le 16/11/2020