État des lieux

Description de l'écosystème sur la base des données de l'Observatoire du GIPREB

Le dernier rapport de l'Observatoire du milieu décrit les résultats du suivi du milieu 2021 tout en les replaçant dans une trajectoire historique.

Dernier rapport de l'Observatoire en 2021

Le dernier rapport de l’Observatoire du milieu du GIPREB – Bilan 2021 est téléchargeable !

Il décrit en détail l’Observatoire, les résultats obtenus en 2021, et les différentes études en cours ou à venir.

20201201 131344

Résumé 2021

L’action du Syndicat-mixte GIPREB s’inscrit dans une démarche de réhabilitation environnementale du milieu aquatique de l’étang de Berre, dans une perspective à terme de retour à un écosystème équilibré de lagune méditerranéenne profonde. Le GIPREB a pour objet, entre autres, de suivre l’évolution de l’étang au travers de l’Observatoire du milieu. Le présent rapport décrit les résultats du suivi du milieu 2021 tout en les replaçant dans une trajectoire historique.

Après une année 2020 marquée par des apports d’eaux importants, l’année 2021 est une année moyenne aussi bien en termes de pluviométrie, d’apports par les rivières que par la centrale hydroélectrique avec 1 077,80 millions de m³ d’eau pour cette dernière. Les apports globaux en eau se situent dans la moyenne des dix dernières années. La saisonnalité de ces apports est assez classique avec des apports principaux à l’hiver et à l’automne et très peu l’été (juillet-août). Les turbinages suivent un schéma devenu régulier avec un arrêt en avril-mai et une reprise d’ajustement en juin qui va être néfaste pour l’écosystème en étant une source d’azote avant l’été et reconstituer la stratification qui était en voie de réduction avec les arrêts. Des anoxies sont d’ailleurs observées fin juin en lien direct avec cette stratification. Mais le reste de l’été, les faibles apports estivaux combinés aux conditions climatiques favorables avec un vent en fréquence et en intensité suffisante pour assurer un mélange efficace de la colonne d’eau ont permis de limiter la récurrence et l’intensité des épisodes d’anoxie. Les apports modérés en été de la centrale ont aussi contribué aux faibles concentrations en éléments nutritifs observés en 2021 et à retrouver ainsi des niveaux d’eutrophisation comparables aux années 2016-2017. Il n’a pas été observé de blooms phytoplanctoniques marqués non plus.

Ces conditions d’eutrophisation favorables ont aussi impacté le compartiment des macrophytes avec un nouvel assemblage. Les macrophytes sont toujours présents en grandes quantités mais sont principalement représentés par des Callithamniae et des Enteromorphes. Les espèces nitrophiles (ulves, cladophores, enteromorphe), sont toujours présentes et même en augmentation par rapport à 2020 en lien avec une salinité un peu plus élevée.

La recolonisation des zostères depuis la crise de 2018 se poursuit et les herbiers atteignent en 2021, 14,7 ha. Cette dynamique de progression est encourageante. Cependant, cette surface reste toujours faible eu égard aux objectifs de recolonisation du GIPREB ou de la DCE (1500 ha). D’autant que les zostères en 2021, sont présentes principalement sous la forme de taches ou parfois regroupées mais ne constituent pas des herbiers au sens écologique.

Le compartiment de la macrofaune benthique progresse également mais reste très faible et ne retrouve pas ces niveaux d’avant crise. Plus spécifiquement pour les palourdes, la gestion des modalités de pêche, avec des restrictions fortes, a permis de limiter la pression de pêche et couplé à une bonne dynamique de reproduction, les stocks ont pu se reconstituer.

De manière générale, on retrouve un écosystème proche de celui observé en 2016/2017 avec un niveau d’eutrophisation très faible dans la colonne d’eau, un compartiment macrophyte dominé par les rhodobiontes, une dynamique de progression pour les zostères et un compartiment de la macrofaune benthique toujours très dégradé. L’étang de Berre reste toujours un écosystème fortement contraint. Les moindres augmentations des apports d’eau douce engendrent des stratifications importantes et une augmentation de l’eutrophisation dont la combinaison est à l’origine des anoxies.  Les apports en eau douce constituent toujours la contrainte majeure qui pèse sur l’écosystème. D’autres freins au développement de l’écosystème s’y ajoutent comme la faible transparence de l’eau, résultant de la concentration en chlorophylle a et de la charge en matière en suspension (dont les limons), ou la richesse en matière organique des sédiments qui constitue une base pour le relargage de nutriments en condition anoxique. Ces contraintes ne permettent pas de conclure sur une trajectoire favorable de l’écosystème.

Le saviez-vous ?

L’ensemble des rapports de l’Observatoire du GIPREB sont téléchargeables dans la section Téléchargement (rapports scientifiques)

Article modifié le 23/05/2022