La macrofaune benthique de l'étang de Berre

Ce que les petites bêtes nous apprennent sur l'étang

Les peuplements de macrofaune benthique de l'étang de Berre sont représentés par des espèces caractéristiques des milieux riches en matières organiques et peu sensibles aux variations de température et de salinité. Ces peuplements sont très sensibles aux anoxies (diminution de l'oxygène) et ils sont de plus en plus en pauvres avec la profondeur.

Généralités sur les peuplements de macrofaune benthique

Les espèces de la macrofaune benthique de substrat meuble présentes dans l’étang de Berre appartiennent majoritairement à la biocénose Lagunaire Eurytherme Euryhaline (LEE), avec des espèces caractéristiques des milieux riches en matières organiques et pouvant supporter des variations de température et de salinité importantes. Cet assemblage est essentiellement présent sur la bordure côtière et s’appauvrit vers le large, avec l’augmentation de la profondeur.

Le peuplement global de la macrofaune benthique de l’étang de Berre reste caractérisé par une richesse spécifique faible (nombre d’espèces) en comparaison à d’autres lagunes méditerranéennes. En effet, la valeur maximale sur les 13 stations de l’Observatoire est de 18 espèces alors qu’elle est de 62 sur l’étang de Leucate ou de 37 dans l’étang de Thau.

Les principales espèces de macrofaune benthique de l’étang de Berre sont représentées par des vers de vases (Nereis succinea), des moules de lagunes (Brachidontes marioni), la moule de Méditerranée (Mytilus galloprovincialis), la coque (Cerastoderma glaucum). Ces dernières années, une partie de l’amélioration observée en terme de diversité et surtout d’abondance est liée au développement de certaines espèces introduites comme la moule asiatique (Arcuatula senhousia) ou la palourde japonaise (Ruditapes philippinarum).

Quelques espèces des peuplements de l'étang de Berre

Vers de vase (Nereis succinea)
Moule (mytilus galloprovincialis)
Moule asiatique (Arcuatula senhousia)
Palourdes japonaises (Ruditapes philippinarum)
Vers de vase (Nereis succinea)
Vers de vase (Nereis succinea)
Moule (mytilus galloprovincialis)
Moule (mytilus galloprovincialis)
Moule asiatique (Arcuatula senhousia)
Moule asiatique (Arcuatula senhousia)
Palourdes japonaises (Ruditapes philippinarum)
Palourdes japonaises (Ruditapes philippinarum)

Un peu de méthodologie

L’analyse de la macrofaune benthique se fait à partir des prélèvements réalisés à la benne. Les prélèvements sont ensuite tamisés sur une grille de 1 mm, ce qui permet d’éliminer les sédiments (vases, sables…). Ensuite, les organismes vivants sont triés et identifiés au laboratoire.

Ci-dessous une vidéo vous montre en détail cette méthodologie.

 

Quelques résultats

Depuis les nouvelles modalités de rejets de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas (2006), les conditions de salinité se sont stabilisées et on assiste à une amélioration de la diversité de ce compartiment. La partie profonde de l’étang autrefois azoïque montre  parfois quelques signes de vie. Les espèces sont plus nombreuses sur chacune des stations. Cependant, cette diversité reste faible au regard des autres lagunes méditerranéennes. En terme de peuplements (assemblage d’espèces), on trouve principalement un assemblage de Lagune Eurytherme et Euryhaline qui tend à se dégrader avec la profondeur. Dans la zone profonde (> 6 m), la diversité est très faible et ne permet pas d’assurer une fonctionnalité écosystémique.

Dans le débouché du chenal de Caronte, on trouve des espèces plus marines (typique des assemblages de sables et vases de mode calme). Cet assemblage se dissipe rapidement en s’éloignant du débouché.

 

 

Des grandes nacres et des oursins dans Berre

Le débouché du chenal de Caronte présente des espèces marines à fort intérêt  patrimonial comme les oursins, les grandes nacres ou encore des hippocampes. Les eaux salées et oxygénées sont propices à leur installation et survie dans ce secteur. Ils pourraient ainsi constituer des sources potentielles de colonisation directement dans l’étang de Berre si les conditions environnementales le permettaient.

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Article modifié le 05/10/2018