Rive sauvage de l'étang de Berre P.Aguilar

La réhabilitation de l’étang de Berre en 20 propositions

Le 28/09/2020
Un rapport parlementaire qui pose un diagnostic sur l'état de l'étang de Berre et qui propose un projet de réhabilitation en 20 propositions

9 mois de rencontres citoyennes, de tables-rondes, d’auditions de scientifiques, d’élus, d’associations, c’est le temps qu’il aura fallu à la mission d’information sur la réhabilitation de l’étang de Berre pour construire un projet pour l’étang de Berre en 20 propositions. Le temps aussi de prendre le pouls de la Commission européenne attentive à la situation de l’étang de Berre.

Le Gipreb ne peut que se satisfaire d’un rapport qui souhaite la mise en place d’une stratégie ambitieuse pour atteindre le bon état écologique d’ici 2027 grâce à des mesures fortes comme la réduction des rejets de la centrale hydroélectrique, la réouverture à la courantologie du tunnel du Rove, la réduction des rejets des systèmes d’assainissement, la réimplantation de zostères et la mise en place d’une gouvernance élargie.

Une lagune en mauvais état écologique

Après avoir dressé l’état du milieu de l’étang de Berre et de l’étang du Bolmon, le rapport parlementaire pointe les problèmes à résoudre :

–       les rejets d’eau douce ne se mélangeant pas avec les eaux salées de l’étang entraînent un manque d’oxygène dans le fond de l’étang pouvant conduire à la mortalité de la faune et la flore ;

–       les excès de nutriments favorisent la prolifération algale et en conséquence un manque d’oxygène pour les autres organismes vivants.

Le principal responsable est clairement identifié : la centrale hydroélectrique d’EDF avec ses rejets d’eau douce chargée en azote et en limons. D’ailleurs, les réductions des rejets et principalement les nouvelles modalités de rejets imposées par l’Europe ont permis à chaque fois des améliorations de l’écosystème de l’étang de Berre. Celui-ci n’en reste pas moins fragile comme l’a montré la crise écologique de 2018 avec une quasi disparition des coquillages comme les palourdes et de plus de 50 % des herbiers de zostères.

Dès lors, il apparaît difficile d’atteindre en 2027 le bon état écologique des masses d’eau, tel qu’exigé par la Directive cadre sur l’eau. Si l’Etat semble se diriger vers la demande d’une dérogation pour des objectifs moins stricts, les parlementaires considèrent que ce recours ne se justifie pas. Ils estiment qu’au contraire il est primordial de faire de l’étang « un exemple de résilience écologique ». Cette exemplarité pourrait ainsi être mis en avant pour demander l’inscription de l’étang au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco.

Des leviers disponibles pour réhabiliter l’étang de Berre

Car les enjeux de la réhabilitation de l’étang sont non seulement environnementaux mais également économiques et sociaux, il est nécessaire de mettre en œuvre tous les moyens d’action possible dans le cadre d’une stratégie politique ambitieuse.

1)    Limiter les rejets de la centrale EDF, repenser et moderniser les aménagements hydroélectriques de la chaîne Durance-Verdon

« Qui peut se payer le luxe de rejeter 1,2 milliard d’eau douce dans un étang salé et ne pas valoriser ces eaux à l’heure du réchauffement climatique ? » s’est indigné le rapporteur Jean-Marc ZULESI, à l’Assemblée nationale, mercredi 23 septembre.

Il ne s’agit donc pas de fermer la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas mais d’en limiter les rejets à 600 millions de mètres cubes. Et de valoriser l’eau pour l’agriculture par exemple… Valoriser les limons du bassin de décantation en créant une nouvelle économie …

2)    Réouvrir à la courantologie le tunnel du Rove pour faire le lien avec l’Estaque.

L’objectif est d’apporter des eaux salées bien oxygénées dans un milieu qui a besoin d’un renouvellement des eaux comme le canal du Rove et l’étang de Bolmon mais aussi l’étang de Berre.

3)    Limiter les sources de pollution du bassin versant

Même si 98 % des stations d’épuration du bassin versant sont aux normes, il s’agit de moderniser encore plus les stations d’épuration. Il s’agit aussi de limiter les rejets provenant des réseaux d’assainissement mais également les rejets directs notamment par temps de pluie.

4)    Encourager le développement de la filière conchylicole et mytilicole et les activités de pêche, valoriser les algues, réimplanter des zostères, poursuivre l’acquisition de terrains à des fins de conservation, accompagner les conversions des agriculteurs du bassin versant à l’agriculture biologique ou raisonnée.

5)    Mettre en place une nouvelle gouvernance

Cela passe par la désignation d’un chef de file opérationnel qui pourrait être soit le GIPREB, soit la Métropole, par l’élaboration d’un Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau et la création d’instances de coordination associant le public.

 

 

 

 

 

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