SWeinberg, herbier de zostères

Le bilan de l’observatoire 2021 est disponible

Le 20/05/2022
Le bilan de l'Observatoire scientifique du milieu pour l'année 2021 est disponible en téléchargement.

L’action du Syndicat-mixte GIPREB s’inscrit dans une démarche de réhabilitation environnementale du milieu aquatique de l’étang de Berre, dans une perspective à terme de retour à un écosystème équilibré de lagune méditerranéenne profonde. Le GIPREB a pour objet, entre autres, de suivre l’évolution de l’étang au travers de l’Observatoire du milieu. Le présent rapport décrit les résultats du suivi du milieu 2021 tout en les replaçant dans une trajectoire historique.

Après une année 2020 marqué par des apports d’eaux important, l’année 2021 est une année moyenne aussi bien en termes de pluviométrie, d’apports par les rivières que par la centrale hydroélectrique avec 1 077,80 millions de m³ d’eau pour cette dernière. Les apports globaux en eau se situent dans la moyenne des 10 dernières années. La saisonnalité de ces apports est assez classique avec des apports principaux en hiver et en automne et très peu l’été (juillet-août). Les turbinages suivent un schéma devenu régulier avec un arrêt en avril-mai et une reprise d’ajustement en juin qui va être néfaste pour l’écosystème en étant une source d’azote avant l’été et reconstituer la stratification qui était en voie de réduction avec les arrêts. Des anoxies sont d’ailleurs observées fin juin en lien direct avec cette stratification. Mais le reste de l’été, les faibles apports estivaux combinés aux conditions climatiques favorables avec un vent en fréquence et en intensité suffisante pour assurer un mélange efficace de la colonne d’eau ont permis de limiter la récurrence et l’intensité des épisodes d’anoxie. Les apports modérés en été de la centrale ont aussi contribué aux faibles concentrations en éléments nutritifs observés en 2021 et à retrouver ainsi des niveaux d’eutrophisation comparables aux années 2016-2017. Il n’a pas été observé de blooms phytoplanctoniques marqués.

Ces conditions d’eutrophisation favorables ont aussi impacté le compartiment des macrophytes avec un nouvel assemblage. Les macrophytes sont toujours présents en grandes quantités mais sont principalement représentés par des Callithamniae et des Enteromorphes. Les espèces nitrophiles (ulves, cladophores, enteromorphes), sont toujours présentes et même en augmentation par rapport à 2020 en lien avec une salinité un peu plus élevée.

La recolonisation des zostères depuis la crise de 2018 se poursuit et les herbiers atteignent en 2021, 14,7 ha. Cette dynamique de progression est encourageante. Cependant, cette surface reste toujours faible eu égard aux objectifs de recolonisation du GIPREB ou de la Directive cadre sur l’eau (1500 ha). D’autant que les zostères, en 2021, sont présentes principalement sous la forme de taches ou parfois regroupées mais ne constituent pas des herbiers au sens écologique.

Le compartiment de la macrofaune benthique progresse également mais reste très faible et ne retrouve pas ces niveaux d’avant crise. Plus spécifiquement pour les palourdes, la gestion des modalités de pêche, avec des restrictions fortes, a permis de limiter la pression de pêche et couplé à une bonne dynamique de reproduction, les stocks ont pu se reconstituer.

De manière générale, on retrouve un écosystème proche de celui observé en 2016/2017 avec un niveau d’eutrophisation très faible dans la colonne d’eau, un compartiment macrophyte dominé par les rhodobiontes, une dynamique de progression pour les zostères et un compartiment de la macrofaune benthique toujours très dégradé. L’étang de Berre reste toujours un écosystème fortement contraint. Les moindres augmentations des apports d’eau douce engendrent des stratifications importantes et une augmentation de l’eutrophisation dont la combinaison est à l’origine des anoxies.  Les apports en eau douce constituent toujours la contrainte majeure qui pèsent sur l’écosystème. D’autres freins au développement de l’écosystème s’y ajoutent comme la faible transparence de l’eau, résultant de la concentration en chlorophylle a et de la charge en matière en suspension (dont les limons), ou la richesse en matière organique des sédiments qui constituent une base pour le relargage de nutriments en condition anoxique. Ces contraintes ne permettent pas de conclure sur une trajectoire favorable de l’écosystème.

 

Vous trouverez l’intégralité du rapport de l’observatoire dans la rubrique téléchargement ou directement en cliquant ici

Commentaires

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BOUCHER Philippe - il y a 1 mois
Joli travail de mesures, d'analyses et de synthèse. Merci à l'équipe du GIPREB pour ses actions concrètes sur le terrain, sa motivation sans faille à défendre le bon état écologique de notre petite mer. Merci aux élus "engagés" qui sont les portes paroles des citoyens "riverains et usagers" du lieu. Je rêve de revoir quantités d'oursins que me contaient nos aïeux. Bonne route au GIPREB.

 

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