Le GIPREB demande le maintien de la fermeture de la pêche des palourdes

Le 09/11/2018
L'absence d'oxygène dans l'étang de Berre a eu pour conséquence la disparition de 75 % du stock de palourdes sur la bordure côtière. Au delà, c'est…

Au cours de l’été 2018, il y a eu des anoxies (disparition de l’oxygène) dans les couches les plus profondes de l’étang de Berre et qui sont remontées jusqu’à 2 m de profondeur. Cet épisode de crise anoxique de l’été 2018 a eu des conséquences importantes sur les peuplements benthiques en général, et en particulier sur le gisement de palourde de l’étang de Berre. Le Gipreb a réalisé des investigations pour mesurer l’impact de cette crise sur les peuplements.
Pour cela, une campagne de mesures scientifiques a été réalisée durant le mois de septembre avec près de 300 mesures de densité. Dans la partie profonde (au-delà de 2 m) de profondeur, les peuplements de palourdes sont quasiment nuls. Sur la bordure côtière (entre la surface et 2 m de profondeur), les peuplements de palourdes ont également fortement diminué sous l’effet de la pêche mais probablement surtout en lien avec le stress causé par cette crise anoxique et l’enrichissement en matière organique de la colonne d’eau. Les pertes sont estimées à 75 % des stocks de la bordure côtière et plus de 97 % pour la partie profonde.

Les palourdes restantes sur la bordure côtière peuvent servir de base à une recolonisation des peuplements. Cependant, si les palourdes peuvent se reproduire à partir de 20 mm, l’efficacité de la reproduction est proportionnelle à la taille, et les individus les plus gros (> 30 mm) assurent un meilleur recrutement. Ainsi, si on veut augmenter les chances de reconstitution d’un peuplement de palourdes garantissant une activité pérenne de pêche sur l’étang de Berre, il faut préserver les individus adultes notamment de grande taille (> 30 mm) pour qu’ils puissent réaliser une reproduction efficace au printemps prochain. Pour cette raison, le Gipreb demande le maintien de la fermeture de la pêche des palourdes sur l’étang de Berre. La reconstitution d’un stock profond est un préalable à toute velléité de réouverture. Ce stock profond (au-delà des 2 m) joue le double rôle d’approvisionnement de la bande côtière par l’effet de la houle et de maintien des capacités d’émission de larves. Normalement pas impacté par l’activité de pêche à pied (celle-ci se faisant en dessous de 2 m), il assure ainsi une certaine pérennité de la ressource. C’est sur la base de ce fonctionnement qu’avait été imaginé les modalités de gestion de la pêche professionnelle sur l’étang de Berre. En l’état actuel, ce stock profond n’assure plus ces fonctions et le stock côtier est trop faible pour supporter une pression de pêche tout en assurant une recolonisation efficace.

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